Accéder au contenu principal

Jurisprudence sociale - jeudi 18 janvier 2007

La résiliation judiciaire du contrat de travail d'un salarié ne peut prendre effet qu'à la date de la décision judiciaire la prononçant

Si la résiliation judiciaire du contrat de travail à durée indéterminée à la demande de l'employeur n'est plus autorisée, elle est de plus en plus pratiquée par les salariés. En effet, la résiliation prononcée par le juge produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.Si un salarié demande la résiliation d'un contrat tout en continuant à travailler au service de son employeur et qu'il est licencié par la suite par son employeur pour d'autres faits survenus postérieurement, il appartient au juge de vérifier si la demande de résiliation était justifiée. Si la demande était justifiée, quelle sera la date de la rupture à prendre en compte ? la date ou la demande a été formée ? la date où l'employeur a manqué ses obligations ? ou la date de la décision judiciaire ?
Une salariée dénonce le harcèlement moral qu'elle aurait subi de la part d'un supérieur hiérarchique et ne reprend pas le travail suite à un arrêt maladie.
Elle demande la résiliation judiciaire de son contrat de travail en invoquant le harcèlement moral.
Pour l'employeur, le juge qui prononce la résiliation judiciaire d'un contrat de travail aux torts d'un employeur ne peut en fixer la date qu'au jour où ce dernier a manqué à ses obligations ou au jour où la demande de résiliation a été formée.
Pour la cour de cassation, au contraire, si le salarié est encore en activité, c'est la date de la décision judiciaire qu'il faut prendre en compte :" Mais attendu qu'en matière de résiliation judiciaire du contrat de travail, sa prise d'effet ne peut être fixée qu'à la date de la décision judiciaire la prononçant, dès lors qu'à cette date le salarié est toujours au service de son employeur ; que le moyen n'est pas fondé ;" ( Cass.soc., 2007 )

Autres arrêts sur ce thème
Une demande de résiliation judiciaire postérieure à un licenciement pour faute grave peut-il remettre en cause la motivation du licenciement ?
Résiliation judiciaire puis licenciement, c'est la résiliation judiciaire qui doit l'emporter !
Résiliation judiciaire + prise d'acte + licenciement pour faute grave, quelle rupture ?
Demande de résiliation judiciaire et licenciement pour faute grave postérieure à la demande, quelle rupture retenir ?
Une demande de résiliation judiciaire ne peut être assimilée à une prise d’acte
Un employeur ne peut pas demander la résiliation judiciaire d’un contrat !

Mobilité internationale
Convention de Bruxelles du 27 septembre 1968 : Un coureur cycliste qui court en Belgique et en France peut-il choisir le conseil de prud'hommes français pour règler un litige en droit du travail ?

Faute
La manifestation d'un désaccord ne peut constituer une faute !

Travail temporaire
Le recours de manière habituelle et en nombre à des travailleurs intérimaires constitue un abus

Modification contractuelle
Si plus de 12 modifications contractuelles sont adressées, il faut effectuer un plans social !

Plan social
Un plan social qui mentionne de façon détaillée les postes offerts au reclassement dans l'unité économique et sociale, ainsi que les mutations envisagées au sein du groupe, à l'intention des salariés dont les emplois sont supprimés répond aux exigences légales

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

La pénibilité en Plan pour 2012, le montant de la pénalité est déterminé

La rentrée sociale pour les directions des ressources humaines va se faire avec en toile de fond un maître mot : la pénibilité. Il va falloir la définir, la négocier ou à défaut planifier les mesures visant à réduire les facteurs identifiés. L’échéance de 2012 est proche et les pénalités dorénavant connues … Yvan Loufrani / ISC Paris La pénibilité au travail a été définie par le Rapport Poisson (2008) comme le «  résultat de sollicitations physiques ou psychiques qui, soit en raison de leur nature, soit en raison de la demande sociale, sont excessives en regard de la physiologie humaine et laissent, à ce titre, des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé et l’espérance de vie d’un travailleur ». Pour l’Anact, il s’agit plutôt d’une usure professionnelle, d’un «  processus d’altération de la santé lié au travail qui dépend du cumul et/ou de combinaisons d’expositions de la personne à des contraintes du travail qui peuvent être de natures diverses … ). Qu...

Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité - les décrets sont publiés

Echanges de bonnes pratiques, questionnement, une communauté Droit Ressources Humaines est constituée. Pour adhérer, merci de communiquer votre e-mail . Pour échanger sur la pénibilité cliquer ici . Les 6 décrets qui fixent les modalités du compte personnel de prévention de la pénibilité ont été publiés au Journal officiel du 10 octobre 2014. Ils portent sur : -l’exposition des travailleurs à certains facteurs de risque professionnel au-delà de certains seuils de pénibilité et à sa traçabilité : comme cela avait été annoncé, seuls 4 risques sont pris en compte en 2015 (travail de nuit, activités en milieu hyperbare, travail répétitif, travail en équipes alternantes), les 6 autres le seront en 2016 (décret 2014-1159 du 9 octobre 2014) ; -la gestion du compte et les modalités de contrôle (décret 2014-1155 du 8 octobre 2014) ; -l’acquisition et l’utilisation des points acquis au titre du compte (décret 2014-1156 du 9 octobre 2014) ; -les cotisations et le fonds de financement des droi...

Selection de l'actualité sociale au 3 avril 2014

Le prêt de main d'oeuvre à but lucratif entre entreprises juridiquement distinctes est interdit. Il reste possible s'il est sans but lucratif ( à prix coutant ) et que seuls les frais de gestion du personnel sont pris en compte. Ces frais de gestion peuvent être refacturés à l'entreprise utilisatrice sous réserve qu'ils demeurent modérés et justifiés. Les conséquences sur le plan fiscal d’une telle refacturation sont les suivantes : - ces frais constituent pour l’entreprise prêteuse des produits imposables en application des dispositions du 2 de l’ article 38 du CGI ; - corrélativement, ces mêmes frais constituent des charges déductibles du résultat de l’entreprise utilisatrice en application des dispositions du 1° du 1 de l’ article 39 du CGI . C'est ce que précise une instruction du Bofip du 25 mars. En 2013, pour hâter les procédures judiciaires, les mesures de conciliation prud'homale ( transaction) ont été encadrées, leur montant est totalement éxonéré ...