Accéder au contenu principal

Évaluation du préjudice résultant des écarts de rémunération H/F

Avant le 31 décembre 2010, il faudra avoir engagé des négociations sur la suppression des écarts de rémunération.
Voeu pieux ?
L'arrêt de la cour d'appel de Paris rendu le 5 mai 2010 a été bien peu médiatisé. Et pourtant, il s'agit d'un des premiers arrêts qui condamne un grand groupe français pour discrimination en matière d'inégalité de  rémunération H/F à payer 159 968 euros et qui donne une méthodologie et une méthode de calcul ( la règle du triangle ) pour évaluer la discrimination ! Excusez du peu. Dans six mois, de nombreuses entreprises pourraient se voir rappeler cet arrêt.
L'affaire :
A son retour de congé parental d'éducation, une salariée de BNP Paribas (HEC) estime ne pas avoir bénéficié d'une évolution professionnelle et salariale normale.
Constatant l'inégalité de traitement, elle saisit la Halde. Le constat est sans appel, le salaire moyen des sommes est de 114 146 euros et celui des femmes de 76 893 euros.
Le tableau récapitulatif des rémunérations hommes/femmes établi par la HALDE sur la base des données transmises par la société BNP PARIBAS fait apparaître quel que soit le panel de comparaison choisi (HEC, Bac + 5, BFI ou tout pôle d'activité) avec des salariés hommes ou femmes ayant entre 36 et 46 ans et 12 à 18 ans d'ancienneté que:
-pour tous les pôles d'activité de l'entreprise, les femmes perçoivent une rémunération inférieure à celIe de leurs collègues salariés masculins ayant le même diplôme (HEC ou Bac + 5), une date d'entree comparable (entre 1978 et 1986) un âge comparable (nés entre 1954 et 1962) et un même environnement professionnel (région parisienne)
-la rémunération de Madame: (ramenée en temps plein à 53 760 euros) est nettement inférieure à celle des salariés hommes de sa génération et à la
rémunération moyenne (brut fiscal moyen) des hommes et des femmes de niveau J comme elle.
La salariée évalue son préjudice à ce titre en appliquant la règle dite ( du triangle » (écart actuel de salaire x nombre d'années de discrimination / 2
+ incidence sur la retraite).
Ce calcul est validé par la cour d'appel Considérant que répond à cette définition le panel de 18 personnes (6 femmes et 12 hommes) dit 1-2 dans le rapport d'expertise de la HALDE, qui fait apparaître un brut fiscal médian de 134379 euros )pour les hommes et de 80 470 euros pour les femmes,ce qui donne Un salaire annuel de comparaison moyen de 107424,5 euros et un écart de rémunération de 53664,50 euros, ( 107
424,50 € - 53760 € (salaire de Madame 2006 rétabli à temps plein)]
Considérant que le préjudice doit donc être calculé ainsi qu'il suit : 53 664,50 € x 7,5 années x 60% (moyenne du temps de travail de la salariée pendant la période) /2 = 120 745,12 € + 30 % (incidence sur les droits à la retraite) = 156968,65 euroS.
Condamne la SA BNP PARIBAS à payer à Madame les sommes suivantes:
-156 968,65 euros au titre du préjudice financier résultant de la discrimination. -7000 euros au titre du préjudice moral résultant de la discrimination
- 21 483 euros à titre d'indemnité compensatrice de préavis - 2148,30 euros au titre des congés payés  différents -14035,56 euros à titre d'indemnité légale de licenciement,
les dites sommes avec intérêts au taux légal à compter de la date de réception de la convocation en justice par la défenderesse pour les SOmmes exigibles à cette date et à compter de leur date d'exigibilité pour le surplus...

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Rachat des jours de RTT

Pour relever le pouvoir d’achat des Français, le gouvernement a mis en place une loi permettant de racheter les jours de RTT non pris en 2007. Les salariés dont l’entreprise est passée aux 35h pourront donc demander à se faire payer les jours de RTT, non pris en 2007. L’opportunité de ce texte est de permettre à un salarié de négocier de gré à gré avec son employeur le paiement de jours de RTT non pris. Ce que jusqu’à présent, il ne pouvait pas faire. En revanche, la possibilité de rachat de jours de RTT existait grâce aux dispositifs de CET (compte épargne temps). Simplement, ils exigeaient la signature d’accords collectifs. Ainsi, la loi n° 2008-111 en faveur du pouvoir d’achat est parue au journal officiel le 8 février 2008. L’essentiel de ses mesures est applicable depuis le 11/02/2008. Une circulaire du 12/02/2008 précise les procédures. ( suite )

Qui ne dit mot ne consent … pas toujours !

A la lecture des décrets fixant les exceptions au nouveau principe que le silence de l'administration vaut accord, on peut être dubitatif sur la simplification annoncée haut et fort ! ______________________________________________________________________ On pouvait saluer le souci de simplification des relations entre l’administration et le gouvernement se traduisant par l’affirmation du principe que le silence gardé par l’administration vaut accord … Certes le silence vaut dorénavant accord dans un certain nombre de situations, mais à la lecture des exceptions figurant dans les décrets on recherche la simplification ! Avant de prendre une décision, il faudra vérifier : 1. Dans les tableaux fixés par décrets, si la situation n’est pas une situation d’exception, 2. Si la situation n’est pas une situation d’exception, vérifier que le silence vaut bien accord comme le veut le nouveau principe … Bon courage ! 1. Qui tacet consentire videtur ( qui ne dit mot c...

La pénibilité en Plan pour 2012, le montant de la pénalité est déterminé

La rentrée sociale pour les directions des ressources humaines va se faire avec en toile de fond un maître mot : la pénibilité. Il va falloir la définir, la négocier ou à défaut planifier les mesures visant à réduire les facteurs identifiés. L’échéance de 2012 est proche et les pénalités dorénavant connues … Yvan Loufrani / ISC Paris La pénibilité au travail a été définie par le Rapport Poisson (2008) comme le «  résultat de sollicitations physiques ou psychiques qui, soit en raison de leur nature, soit en raison de la demande sociale, sont excessives en regard de la physiologie humaine et laissent, à ce titre, des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé et l’espérance de vie d’un travailleur ». Pour l’Anact, il s’agit plutôt d’une usure professionnelle, d’un «  processus d’altération de la santé lié au travail qui dépend du cumul et/ou de combinaisons d’expositions de la personne à des contraintes du travail qui peuvent être de natures diverses … ). Qu...