Accéder au contenu principal

Le manager préventeur du stress ?

EXPERTS-REFERENTS TRiPALiUM
La parole à ......... Dominique Dubreuil

___________________________________________________


Manager en temps de crise, c’est pratiquer la régulation du stress indispensable à la suite des évènements
___________________________________________________


Associer performance économique et sociale n’est déjà pas simple par « beau temps » mais cela se complique franchement lorsque la situation économique se dégrade. Le management sous tension se doit alors de négocier un accord social pour conduire le changement indispensable aux enjeux stratégiques et utile au « bien vivre ensemble ».

Crise : les jeux traditionnels des acteurs sont chamboulés

La crise ou la perception d’une crise agit directement sur les salariés et va modifier leurs attitudes au travail. Les résistances et autres phénomènes de méfiance se multiplient.
Or, par définition, le management a la responsabilité de mettre en œuvre des solutions correctives pour franchir la passe difficile sans générer un stress destructeur d’énergie collective.

Si crise il y a les obstacles suivants apparaissent :

  • Baisse d’activité 
  • Marges de manœuvre réduites 
  • Doutes dans l’équipe 
  • Appel au leadership 
  • Besoin d’accompagnement des salariés dans les phases de renoncement et d’appropriation. 
Dès lors le manager gestionnaire ne suffit plus, place au manager leader et préventeur du stress. 

Négocier : une tactique efficace 

Mais comment asseoir son leadership sur une équipe dans le doute voire dans la peur du lendemain ?

Pas seulement par la magie du verbe ou la pertinence du plan d’action, mais aussi en construisant un accord gagnant – gagnant avec ses salariés.

Que ce soit avec votre comité d’entreprise (à consulter si plan de réduction des effectifs il y a) ou avec vos délégués syndicaux habilités à signer un accord majoritaire, les opportunités de trouver un accord existent et doivent être méthodiquement étudiées.
Si la négociation vous garantit une pause ou un répit sur le plan social nul doute qu’il faut jouer à fond cette carte avec l’idée suivante en tête : « Associer les salariés à la solution à court terme en échange d’une sortie de crise rapide et d’une baisse du stress collectif inhibiteur et stérile »

D’aucuns penseront que c’est déraisonnable de l’espérer alors que le mécontentement gronde.

Que cela soit difficile, certes, mais cela vaut la peine d’en faire sa priorité tant l’obtention d’un accord social garantit non seulement la pacification interne mais aussi un réel aura au manager. 

Par la négociation réguler le stress des personnels

En effet qu’est ce qui est en jeu dans cette affaire ?

  • Le statut de représentant et négociateur (des organisations syndicales) 
  • La vision du « demain ensemble » 
  • La confiance que vous leur témoignez en les associant à cette recherche de solutions 
  • La capacité du manager pas seulement de gérer la crise en mode opérationnel mais aussi d’absorber l’énergie négative que représente le stress des équipes 
  • Et enfin le leadership dont vous faites preuve en allant dans la tempête obtenir le soutien même partiel de vos salariés sur les mesures correctives de réorganisation voire de rupture. 
En conclusion, négocier en temps de crise c’est pour le manager responsable du périmètre économique et social l’occasion de se tailler un costume de leader véritable régulateur des risques psycho-sociaux. Nul doute que son management en gagnera en efficacité et adhésion.
Dominique Dubreuil

DRH à temps partagé
Consultant formateur en management et ressources humaines

Posts les plus consultés de ce blog

La pénibilité en Plan pour 2012, le montant de la pénalité est déterminé

La rentrée sociale pour les directions des ressources humaines va se faire avec en toile de fond un maître mot : la pénibilité. Il va falloir la définir, la négocier ou à défaut planifier les mesures visant à réduire les facteurs identifiés. L’échéance de 2012 est proche et les pénalités dorénavant connues … Yvan Loufrani / ISC Paris La pénibilité au travail a été définie par le Rapport Poisson (2008) comme le «  résultat de sollicitations physiques ou psychiques qui, soit en raison de leur nature, soit en raison de la demande sociale, sont excessives en regard de la physiologie humaine et laissent, à ce titre, des traces durables, identifiables et irréversibles sur la santé et l’espérance de vie d’un travailleur ». Pour l’Anact, il s’agit plutôt d’une usure professionnelle, d’un «  processus d’altération de la santé lié au travail qui dépend du cumul et/ou de combinaisons d’expositions de la personne à des contraintes du travail qui peuvent être de natures diverses … ). Qu...

Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité - les décrets sont publiés

Echanges de bonnes pratiques, questionnement, une communauté Droit Ressources Humaines est constituée. Pour adhérer, merci de communiquer votre e-mail . Pour échanger sur la pénibilité cliquer ici . Les 6 décrets qui fixent les modalités du compte personnel de prévention de la pénibilité ont été publiés au Journal officiel du 10 octobre 2014. Ils portent sur : -l’exposition des travailleurs à certains facteurs de risque professionnel au-delà de certains seuils de pénibilité et à sa traçabilité : comme cela avait été annoncé, seuls 4 risques sont pris en compte en 2015 (travail de nuit, activités en milieu hyperbare, travail répétitif, travail en équipes alternantes), les 6 autres le seront en 2016 (décret 2014-1159 du 9 octobre 2014) ; -la gestion du compte et les modalités de contrôle (décret 2014-1155 du 8 octobre 2014) ; -l’acquisition et l’utilisation des points acquis au titre du compte (décret 2014-1156 du 9 octobre 2014) ; -les cotisations et le fonds de financement des droi...

Selection de l'actualité sociale au 3 avril 2014

Le prêt de main d'oeuvre à but lucratif entre entreprises juridiquement distinctes est interdit. Il reste possible s'il est sans but lucratif ( à prix coutant ) et que seuls les frais de gestion du personnel sont pris en compte. Ces frais de gestion peuvent être refacturés à l'entreprise utilisatrice sous réserve qu'ils demeurent modérés et justifiés. Les conséquences sur le plan fiscal d’une telle refacturation sont les suivantes : - ces frais constituent pour l’entreprise prêteuse des produits imposables en application des dispositions du 2 de l’ article 38 du CGI ; - corrélativement, ces mêmes frais constituent des charges déductibles du résultat de l’entreprise utilisatrice en application des dispositions du 1° du 1 de l’ article 39 du CGI . C'est ce que précise une instruction du Bofip du 25 mars. En 2013, pour hâter les procédures judiciaires, les mesures de conciliation prud'homale ( transaction) ont été encadrées, leur montant est totalement éxonéré ...